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Poursuite civile
Guy Cloutier veut régler à l'amiable
La Presse
Guy Cloutier veut régler à l'amiable la poursuite civile de 1,2 million de dollars intentée contre lui par sa victime Nathalie Simard.
Opposé à cette décision, l'avocat Claude F. Archambault a
renoncé lundi à défendre son client. La nouvelle a été publiée jeudi dans le
magazine La Semaine, sous la plume de l'animatrice Renée-Claude
Brazeau, qui avait travaillé de près avec Guy
Cloutier sur le plateau de l'émission Loft Story.
L'avocat, qui représentait le pédophile depuis une semaine seulement, avait
pour sa part bon espoir de balayer la poursuite intentée contre Guy Cloutier et
la compagnie Novem Communications, aujourd'hui la
propriété de Véronique Cloutier. Les divergences d'opinions entre le client et
l'avocat auraient mis fin à leur association.
Joint jeudi à son cabinet, Me Claude F. Archambault a d'entrée de jeu justifié
son départ par le refus de Guy Cloutier d'engager une bataille judiciaire avec
celle qui a été sa victime pendant plusieurs années. «Il (Cloutier) reconnaît
ses fautes et ne veut pas soumettre Nathalie Simard à
un contre-interrogatoire serré de trois ou quatre jours. Il ne veut pas qu'elle
soit tourmentée ou blessée à nouveau», raconte l'avocat, qui rapporte les
propos de son ex-client.
Claude F. Archambault aurait alors claqué la porte, refusant
d'être menotté dans son travail. «Lui (Cloutier), il ne veut pas gagner cette
cause-là, mais moi, je ne peux pas travailler avec des gants blancs», précise
l'avocat.
M. Archambault est persuadé de détenir des arguments solides pour rejeter la
poursuite au civil déposé le 25 mai contre le bourreau de Nathalie Simard. La poursuite se répartit comme suit: 800 000 $ pour
douleur, souffrance et inconvénients, 100 000 $ pour la violation de ses droits
fondamentaux, 300 000 $ en pertes de revenus et 5578 $ en honoraires de
psychologie et frais de médicaments.
Me Archambault estime que Nathalie Simard a déjà reçu
une compensation pécuniaire d'un million de dollars de la part de Guy Cloutier
au fil des années. L'avocat croit aussi que la victime a trop attendu avant
d'intenter son recours. «Depuis quelques années, elle n'était plus sous son
joug», croit l'avocat.
Il ajoute que la confession de Nathalie Simard prévue
dans un livre, l'entrevue accordée à Paul Arcand en échange de 100 000 $ et la
reconnaissance de culpabilité de Guy Cloutier constituent plus que ce
qu'obtiendraient la plupart des victimes de pédophilie. «Il va falloir que les
gens reconnaissent qu'il (Cloutier) a le droit de redevenir un citoyen normal»,
plaide l'avocat, conscient que ses propos n'ont rien pour s'attirer le soutien
populaire.
Selon Me Archambault, Guy Cloutier ne sait pas encore ce qu'il fera à sa sortie
de prison, lui qui pourra se présenter devant un comité de libération dès
février 2006. «Il est davantage préoccupé par les effets qu'ont eu ses frasques
sur sa famille», résume-t-il.
À cet égard, la sortie publique Véronique Cloutier, qui a dénoncé les
agissements de son père, aurait contribué à inciter Guy Cloutier à ne pas
entreprendre de bataille contre Nathalie Simard. «Il
savait qu'elle était traumatisée, mais il ne pensait pas qu'elle était autant
affectée», tranche l'avocat.
Ce dernier ne cache pas que la décision de Guy Cloutier risque de jouer en sa
faveur aux yeux de l'opinion publique. «En me retirant du dossier, ça ne peut
pas lui nuire», admet Me Archambault.
En se portant à la défense de Guy Cloutier, il nie cependant avoir pris part à
une opération de relations publiques. «Je reflétais seulement sa position
depuis le début», a-t-il répliqué hier sur les ondes de Radio-Canada.
Ni la Fondation Nathalie Simard, ni la compagnie Novem Communications n'ont voulu commenter le départ de
Claude F. Archambault. Pour l'heure, aucun autre avocat n'a encore pris la
relève.
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