Source: Cyberpresse.ca

Publié le 07 mars 2009 à 05h00 | Mis à jour le 07 mars 2009 à 05h00

Hippodromes: l’impartialité de la juge mise en doute

Hier, Attractions Hippiques a déposé une requête pour obtenir une protection de 30 jours supplémentaires de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Nouveaux épisodes dans la saga des hippodromes. Non seulement Attractions Hippiques demande un autre mois à l’abri de ses créanciers, mais la juge qui entend la cause doit se récuser, selon les hommes de chevaux.

Chantal Corriveau, juge à la Cour supérieure, préside aux audiences sur l’avenir des hippodromes depuis juin dernier. Or, la semaine dernière, elle a révélé que son mari a des intérêts chez Ogilvy Renault, le cabinet qui représente les plus gros créanciers d’Attractions Hippiques.

«Pourquoi elle ne nous a jamais parlé de ce fait-là ?» s’interroge Reevin Pearle, avocat des éleveurs de chevaux. «On ne fouille pas la vie privée des juges. Ça fait 40 ans que je pratique, c’est la première fois que je vois un événement comme ça arriver.»

Il a envoyé une demande de récusation au bureau de la juge, tout comme Daniel Desaulniers, avocat de trois associations d’hommes de chevaux. «Quand ton mari travaille dans un bureau d’avocats, tu ne peux pas faire une audition et entendre quelqu’un de ce bureau-là», explique-t-il.

Me Pearle ajoute que «des centaines de milliers de dollars» ont été versés en honoraires à Ogilvy Renault. «Pendant qu’on annule les contrats de tout le monde, on continue à payer des montants énormes à des avocats qui sont partenaires du mari du juge dans ce dossier, s’indigne-t-il. Est-ce qu’elle peut vraiment agir impartialement ?»

À l’heure actuelle, personne ne sait si Mme Corriveau sera en poste, lundi, lors de la prochaine audience.

La «privatisation du jeu»

Hier, Attractions Hippiques a déposé une requête pour obtenir une protection de 30 jours supplémentaires de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Le propriétaire, le sénateur Paul Massicotte, propose un plan de restructuration révisé de l’industrie. Dans la requête, il est question de la vente de certains actifs.

Pour les hommes de chevaux, la stratégie est claire. M. Massicotte entendrait vendre l’hippodrome d’Aylmer et la piste d’entraînement de Saint-Basile. Il ne conserverait que l’hippodrome de Trois-Rivières, où il maintiendrait un minimum de courses, mais auquel il rattacherait tous les Hippo Clubs du Québec. Ces salons de paris, où les joueurs peuvent miser sur des courses ailleurs, lui permettrait de conserver les importants revenus du pari mutuel. Il ne possède pas les hippodromes de Québec et de Montréal.

L’avocat Desaulniers a obtenu la confirmation que la demande de rattachement des Hippo Clubs à Trois-Rivières a été déposée à l’Agence canadienne du pari mutuel.

«Ils sont en train de complètement changer l’esprit de l’appel d’offres sur la privatisation des hippodromes», dénonce Alain Vallières, président de l’Association du trot et amble. «On privatise le gambling, sans contrepartie pour assurer la survie de l’industrie des chevaux qui ne pourra pas survivre avec si peu de courses. Il faut absolument que le gouvernement intervienne.»

Le gouvernement Charest maintient qu’il n’est plus question pour lui de se mêler de la restructuration depuis que le premier plan de relance a été balayé du revers de la main.

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