![]() En 2004un ouvrier esclave doit se crever durant environ 16 ans... |
SALAIRE PAYÉ AUX ESCLAVES
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Autrefois,
en échange de sa capacité de travail,
de son énergie, l'esclave obtenait:
vêtements, logis, nourriture.
Aujourd'hui,
en échange de sa capacité de travail, de son énergie,
l'ouvrier reçoit à peine ce qu'il faut pour payer:
vêtements, logis, nourriture.
Le point sur le salaire minimum
Le vendredi 16 janvier 2004
(Douze heures une minute)
M. Després: Bonjour tout le monde. Ça me fait plaisir et je suis heureux d'annoncer une augmentation du salaire minimum de 0,30 $. Ce dernier salaire minimum, qui est présentement à 7,30 $, passera au 1er mai 2004, qui est la journée de la fête des Travailleurs, à 7,45 $, et de 7,45 $ à 7,60 $ le 1er mai 2005. Ce qui fait aussi qu'il y a naturellement un ajustement pour les travailleurs à pourboire qui, eux, leurs salaires sont présentement de 6,55 $, à 6,70 $ pour le 1er mai 2004, et de 6,70 $ à 6,85 $ pour le 1er mai 2005.
Il faut rappeler que ça touche 200 000 personnes, 200 000 personnes au Québec qui travaillent au salaire minimum; 90 % de ces gens-là ne sont pas des gens qui sont syndiqués; à 62 %, ce sont des femmes qui sont au salaire minimum et c'est plus de 60 % qui ont 24 ans et moins.
Ces gens-là travaillent dans quels secteurs? Ils travaillent naturellement dans le secteur des services, ils travaillent dans le secteur du commerce au détail, dans le secteur de l'hébergement et dans le secteur de la restauration.
Le Québec est présentement au quatrième rang au Canada comparativement aux provinces et aux Territoires du Nord-Ouest et nous resterons au quatrième rang en matière de salaire minimum.
Donc, le gouvernement est heureux d'annoncer aujourd'hui cette augmentation pour les travailleurs qui sont là, pour, un, oui, protéger le pouvoir d'achat des travailleurs à faibles revenus, de voir à l'incitation aussi à l'emploi et de voir comment on peut mettre des conditions en place qui ne nuisent pas, il faut le dire, à la compétitivité des entreprises et, en même temps, de s'assurer aussi, quand on pose ce geste-là, qu'on maintient et on active et on crée de l'emploi au Québec. Disons que ce sont les conditions desquelles aussi on tient compte lorsqu'on prend une décision sur ce dossier.
Des voix: ...
M. Després: Attendez juste... Oui? Je ne sais pas qui a parlé le premier ou la première.
Journaliste: Pensez-vous plus vous attirer la faveur populaire en augmentant comme ça le salaire?
M. Després: Mais, écoutez, là, la décision n'est pas prise en se demandant si le gouvernement ou le ministre du Travail va être plus populaire, là. Écoutez, je pense qu'à chaque année un gouvernement, c'est voulu comme ça, se pose la question s'il doit modifier le salaire minimum. Donc, on a fait l'exercice.
Il y a un mécanisme, un cadre qui a été donné en 2002, que le gouvernement s'est donné, pour pouvoir évaluer si on doit augmenter ou pas. Avant ça, ça se faisait de façon très aléatoire, maintenant on a des axes, si vous voulez, avec des indicateurs économiques - je ne voudrais pas embarquer sur la mécanique - sur lesquels on évalue, au fond, deux facteurs: est-ce que ça va affecter la compétitivité des entreprises et est-ce que ça va avoir un impact aussi sur des pertes d'emplois. Et donc, il y a toutes sortes de facteurs qu'on tient compte, sur lesquels on peut se pencher. Donc, ça nous donne un résultat dans lequel ça permet au gouvernement de se pencher et de prendre une décision.
Le gouvernement n'est pas obligé de se pencher sur cette... ou de prendre... parce qu'il y a plusieurs hypothèses ou scénarios qui sont déposés, mais le gouvernement a, je vous dirais, un cadre pour pouvoir aider à prendre une décision.
Journaliste: M. Després, 2 % d'augmentation - c'est ça que ça donne à peu près - c'est quand même moins que l'inflation. Ça a été le cas, je pense, dans le cas des prestations d'aide sociale. Je veux dire, on est toujours un petit peu en deçà de l'inflation, sous les libéraux. Quand il y a des ajustements du genre, on est en deçà de l'inflation. Est-ce qu'il n'y a pas quand même, en dépit de l'augmentation, un certain appauvrissement de ceux qui sont au salaire minimum?
M. Després: Mais je vous dirais que... Quand vous me dites ça «sous les libéraux», je vous ferai remarquer que le salaire minimum 1998-2003, dans les cinq dernières années...
Une voix: Le dernier gouvernement.
M. Després: O.K. Sur les cinq dernières années, le gouvernement, l'ancien gouvernement a augmenté le salaire minimum de 0,40 $, dont 0,30 $ à six mois des élections, dont deux ans, en 1999-2000, où le salaire minimum a été gelé. Sous un gouvernement libéral, de 1985 à 1994, le salaire minimum a été augmenté à chaque année. Et nous venons d'arriver, l'ancien gouvernement l'avait augmenté en 2003, et nous l'augmentons en 2004. Et je vous dirais que, par rapport aux chiffres, l'indice des prix à la consommation, en 2002, c'était 2 %, cette année, 2003, 2,5 %, et les prévisions pour 2004 sont de 1,4 % et 2005 de 1,8 %.
Donc, déjà, en annonçant, si vous regardez ça, je pense qu'on maintient effectivement une moyenne qui permet, là, justement de maintenir ce pouvoir d'achat.
Journaliste: J'ai posé des questions tantôt sur la compétitivité, est-ce que ça pouvait faire perdre des emplois, etc., vous dites que vous avez une grille. Donc, la référence à cette grille, la réponse, c'est que, non, ça n'a pas d'incidence, et on peut le faire. C'est ça qui justifie l'augmentation?
M. Després: C'est-à-dire que les critères... Mais, écoutez, là, c'est une décision de gouvernement, c'est une décision politique quand vous prenez cette décision-là. Je vous dis, le gouvernement s'est donné un cadre, puis je pense que c'est une bonne chose, ce cadre-là, qui est un cadre qui nous permet d'avoir des références puis de savoir ce qu'on fait, si effectivement on est dans certains paramètres.
Là, vous m'avez posé par rapport à un des facteurs économiques; je vous donne la réponse, je vous dis: Maintenant, effectivement, ça a de l'importance, lorsqu'on prend une décision, il faut s'assurer effectivement de l'impact sur la compétition des entreprises, puis il faut s'assurer aussi... On pourrait décider, monsieur, d'augmenter le salaire minimum de 1 $ d'une fois, mais je peux vous dire que ça aurait comme effet de faire perdre des milliers d'emplois au Québec, en même temps.
Journaliste: Mais en clair, votre décision, vous dites que ça n'affecte pas négativement...
M. Després: Ça permet aux entreprises, oui, d'absorber, et, deux, de permettre aux travailleurs du Québec d'aller chercher l'inflation. Oui?
Journaliste: La décision, vous dites que c'est une décision politique... La décision est politique et elle arrive, d'une façon surprenante, à un moment où le gouvernement est à son plus bas dans les sondages, et vous avez... les syndicats à la fin de l'année passée. Y a-t-u un lien, justement...
M. Després: Non, absolument pas. Il y a de vos collègues qui m'ont posé la question, j'avais dit très ouvertement à l'automne que le gouvernement se penchait sur le salaire minimum. Donc, l'exercice de ce que j'appelle, là, le cadre de référence qu'on s'est donné et les études d'impacts économiques se sont faits à l'automne. Donc, j'ai saisi les comités ministériels à la fin du mois de décembre, et ça a suivi son cours, et l'aboutissement s'en vient. Et moi, j'avais fixé que je voulais que dans le début de l'année, quelque part en 2004, que l'annonce se fasse, et on a décidé que c'était le 1er mai.
Vous savez, il n'y a pas de cadre, là - juste pour vous répondre aussi, une information - le gouvernement a la responsabilité de se pencher à chaque année là-dessus, il n'y a pas de moment précis. L'ancien gouvernement... Il y a des coutumes qui veulent que des fois ça se fait en février, il y en a eu d'autres que c'était au mois d'octobre. Il n'y a pas de moment précis, le gouvernement effectivement peut prendre le moment quand il veut.
Moi, je vous dis que depuis... dans les responsabilités que j'ai, qu'à l'automne on a fait faire, j'ai fait faire au ministère, j'ai dit: Je veux qu'on se penche là-dessus, je veux voir quel impact que ça a sur les entreprises. C'est passé dans les comités ministériels, parce que ça a commencé au mois de décembre, et le Conseil des ministres a pris sa décision, et je l'annonce, parce qu'on va en prépublication.
Journaliste: Vous l'annoncez aujourd'hui pour le 1er mai, donc, il y a comme une drôle de coïncidence...
M. Després: Non, non, je vais vous répondre à votre question. Parce qu'il y a un délai, là, précis, là, on va en prépublication à partir du moment où la décision a été prise. Si je veux que ça vienne en application le 1er mai, il y a tout un processus, on s'en va... Le gouvernement s'en va en prépublication, 10 jours après la décision du Conseil des ministres, donc ça veut dire que le 29 mai...
Une voix: ...
M. Després: ...29 pas mai, le 29 janvier, excusez-moi, on va être dans la Gazette officielle, la décision du gouvernement, du Conseil des ministres, est dans la Gazette officielle. Ça fait que vous comprendrez, il y a toute une étape: après la prépublication, le gouvernement reçoit ses commentaires; après ça, le gouvernement retourne en publication dans la Gazette officielle. Donc, il y a un processus, là, pour qu'il y ait une date de tombée. Donc, il faut respecter ce processus-là.
M. Plouffe (Robert): J'aurais une dernière question. La petite madame, là, qui a un enfant, là, que vous venez d'augmenter le tarif de garderie, vous venez d'augmenter son tarif de transport en commun, vous venez d'augmenter son tarif d'électricité, son 0,15 $, là, ça fait longtemps qu'il est passé.
M. Després: Oui, mais je vais vous dire... comme je vous dis, lorsqu'on prend une décision, cette décision-là est prise, M. Plouffe, en fonction d'un certain nombre de critères, d'indicateurs, d'indices des prix à la consommation. Et les augmentations de tarifs, au fil du temps, se reflètent, effectivement, dans l'indice des prix à la consommation. Au moment où on prend une décision... Je donne les données: 2 % en 2002; en 2003, 2,5 %; la prévision pour 2004 est de 1,4 % et, de 2005, la prévision est de 1,8 %. On annonce 2 % au 1er mai. Au fond, dans les 16 prochains mois, il va augmenter deux fois, de l'équivalent de 2,05 % et 2,1 %. Donc, je vous dis qu'on respecte, au niveau de l'indice des prix à la consommation, ça. Ça fait que, quand vous me donnez ces arguments-là, ça se reflète effectivement, ces coûts-là, dans l'indice des prix à la consommation.
Journaliste: M. le ministre, deux choses. Vous parlez d'une révision périodique du salaire minimum. Est-ce que vous envisagez éventuellement une révision automatique du salaire minimum qui serait basée sur une indexation annuelle?
M. Després: Bien, il n'y a pas... Ce n'est pas basé strictement sur ce facteur-là, là. On m'a posé la question tantôt, parce qu'on m'a ramené à cet indice-là. Moi, je vous dis: On a un cadre, le gouvernement s'est donné, en 2002, un cadre pour comment on devait revoir... sur quoi on devait se baser. Avant ça, ça se faisait de façon très aléatoire. On regardait puis on se disait: C'est-u de tant? C'est-u 0,50 $? C'est-u 0,10 $? C'est-u 0,05 $? Sur quoi qu'on se base? Bien souvent, on regardait... Le Québec est entre le Nouveau-Brunswick puis entre l'Ontario, puis on regardait un peu qu'est-ce qui se faisait puis en fonction de notre économie. Maintenant, en fonction de certains indicateurs très précis, qui sont basés sur l'économie du Québec, on se donne cette grille-là. Et le gouvernement prend sa responsabilité, parce qu'il présente, ce cadre-là, différents scénarios. On a pris notre décision, et je vous dis que c'est... on va le faire, c'est-à-dire que le gouvernement a la responsabilité à chaque année... Le gouvernement n'est pas obligé à chaque année, mais le gouvernement a la responsabilité à chaque année de se poser la question et de faire effectivement l'évaluation.
Journaliste: Il y a de plus en plus de pays et certains États américains qui offrent un salaire minimum à deux échelles, c'est-à-dire un salaire minimum plus bas pour des entreprises de 10 employés et moins et un salaire plus élevé pour 10 employés et plus. Est-ce que, vous, c'est une avenue qui est envisageable?
M. Després: Non, à ce moment-ci, il n'y a pas... cette avenue-là n'est pas là. On a une formule qui est différente, effectivement, au Québec, parce qu'on a un salaire minimum. On a un salaire pour les gens à pourboire. Puis vous savez que dans le secteur de l'industrie du vêtement j'ai déposé un règlement où il y a, dans le secteur de l'industrie du vêtement, un salaire minimum aussi qui est différent pour cette industrie-là, qui a été annoncé avant les Fêtes. Donc, on a, si vous voulez, trois catégories. Vous me parlez par le nombre d'employés, bien, au Québec, on n'a pas cette formule-là. On a une formule qui est différente. Donc, non, on ne se penche pas, là, sur ce type de formule.
Journaliste: Vous parlez d'incitatif à l'emploi, est-ce que vous pensez que l'augmentation va permettre de sortir des gens de l'aide sociale?
M. Després: Bien, écoutez, ça reste que, quand on peut toujours améliorer les conditions de travail, ça reste toujours, oui, un incitatif. Quand vous en avez un peu plus, vous maintenez au moins votre pouvoir d'achat, ça vous permet au moins de vous dire: Est-ce que je suis mieux effectivement de travailler ou de ne pas travailler, et je pense que, oui, c'est un incitatif. Puis il faut avoir aussi comme effet que, quand vous augmentez le salaire minimum, ça a tout de même un impact d'abord directement sur le salaire minimum, mais pas juste sur les gens qui sont à salaire minimum, ça a un impact aussi sur les autres travailleurs, sur l'ensemble des conditions de travail. Celui qui, lui, gagne 8 $ ou qui gagne 8,50 $ ou qui gagne 9 $, bien souvent... Vous demanderez aux employeurs, ils vont vous répondre que oui, ça a un impact. Eux autres vont vous dire: Bien, à chaque fois que le gouvernement augmente le salaire minimum, ça a un impact sur nos échelles.
Donc, il y a les travailleurs au salaire minimum qui directement, officiellement, en profitent par l'annonce, puis indirectement les conditions des autres travailleurs, qui ne sont pas nécessairement au salaire minimum, mais à 8 $, à 9 $, à 10 $ ou à 11 $, eux autres aussi, ils vont avoir un impact sur leurs conditions de travail.
Journaliste: C'est quelque chose comme 1 $ par jour pour une journée de huit heures. Est-ce que ça, ça a vraiment un impact, vous croyez, sur le pouvoir d'achat?
M. Després: Bien, écoutez, comme on dit, il en reste tout de même un peu plus que moins. Donc, je vous dis tout simplement qu'on est tout de même, là, au Québec, au quatrième rang, là. Voulez-vous que je vous les donne, là?
Une voix: .
..M. Després: Non, non, mais il y a le Nunavut qui est à 8,50 $ - parce que c'est important aussi de le dire. On est présentement au quatrième rang, on reste au quatrième. Je pense que par rapport à notre économie et à l'ensemble de l'économie canadienne, je pense qu'on essaie de se donner et de donner aux travailleurs du Québec les meilleures conditions. C'est une bonne annonce, ça, ce matin pour les travailleurs du Québec parce que, comme je vous dis, il n'y a pas juste les gens au salaire minimum qui vont en profiter, c'est une annonce qui a un impact sur l'ensemble des conditions de travail des travailleurs du Québec. Merci beaucoup. Bonne journée.
Journaliste: ...anglais.
M. Després: Tous les francophones doivent sortir de la salle. On peut-u le faire d'un à un? Ah! c'est parce que c'est pour la télévision.
Journaliste: Just why? Why now?
M. Després: Why now? Because, the last session, I asked my ministry to examine the subject about the «salaire minimum», and it's normal for the government to examine the «salaire minimum» at each year, and it's very important for the Government to améliore les conditions...
Journaliste: (Question inaudible)
M. Després: ...yes, for the worker. It's the good news for the worker... Travailleur?
Journaliste: Workers.
M. Després: Workers. It's a good news for the workers.
Journaliste: C'est beau.
M. Després: O.K.
Journaliste: (Question inaudible)
M. Després: No, no, no, I practice every time. Now, my problem: I don't practice my English.
Journaliste: (Question inaudible)
M. Després: Hein? Oui, oui... No, no, no, no. It's...
Journaliste: ...une chance là-dedans...
M. Després: It's my problem. Oui, oui, oui. O.K. Merci beaucoup.
(Fin à 12 h 16)
Phrase célèbre, de Claude Péloquin,
gravée sur un des murs
du Grand Théâtre de Québec:
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Paulette Giroux-Mercier