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«D'où
provient la toge ?
Isabelle
Huard
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On
l'enfile de façon tellement naturelle que l'on ne se demande pas toujours
d'où elle provient. Or, dans le milieu juridique, le port de la toge est
apparu vers le XVIIe siècle. C'est du moins ce que rapporte le
livre Les habits du pouvoir alors que, durant ce siècle, la robe (c'est le
nom qu'on lui donnait à l'époque) était portée régulièrement. « L'avocat ou
le procureur, à l'image du magistrat, se trouve toujours revêtu de sa tenue
professionnelle. La justice n'est-elle pas un sacerdoce qui exige, à l'image
des prêtres, une tenue qui en soit la marque ? » Ainsi, l'avocat se rendait
au palais en robe, faisait des consultations à son cabinet en robe et
visitait ses clients vêtu de robe. La toge apportait à ce moment-là un réel
sentiment d'appartenance au barreau et à la profession. Elle signifiait,
surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, la noblesse et la
dignité. La coupe du vêtement se présentait avec une queue rabattue à
l'intérieur, qui était enroulée à un ruban accroché à l'échancrure de la
manche droite. Cette queue était détachée dans les grandes occasions, formant
ainsi une traîne. Bien que la toge avec queue était réservée en particulier
aux magistrats, on dit toutefois que certains avocats vaniteux du XIXe
siècle n'hésitaient pas à l'arborer. Vers la fin du XVIIIe siècle,
on a assisté à un déclin du port quotidien de la toge à l'extérieur du
palais, entre autres, en raison de l'effritement du prestige des membres du
Parlement. La «
togue » Au
niveau étymologique, le mot « toge » est d'abord apparu en 1213 (on
prononçait alors « togue »). Provenant du latin toga, il a été utilisé dans
son sens propre en 1611. Le dictionnaire de l'Académie française en a fait
mention en 1798 puis en 1835 comme étant une robe de laine ample et longue,
formant l'habillement national des Romains, que ceux-ci mettaient par-dessus
la tunique (gens togata). Dans l'Antiquité romaine, la toge était une pièce
d'étoffe blanche représentant un vaste segment de cercle qui enveloppait le
corps de telle sorte que le bras gauche était caché et que le bras droit
sortait par le haut. Dans le deuil, on portait une toge brune ou grise, qui
était aussi celle des gens modestes. Jusqu'à leur mariage, les jeunes filles
portaient une toge blanche bordée d'un filet de pourpre (toga praetexta). Les
garçons, quant à eux, la portaient jusqu'à dix-sept ans et prenaient ensuite
la toge des hommes (toga virilis). On dit que les candidats aux fonctions
publiques devaient revêtir une toge blanchie à la craie, ce qui lui donnait
un aspect encore plus brillant (toga candida). De plus, dans les grandes
cérémonies (comme celles du triomphe), on portait une toge brodée de pourpre
et d'or. La coutume de mettre des vêtements larges ressemblant à ceux que
l'on mettait en Europe chrétienne existait également dans les centres
intellectuels de l'Islam. Dès le début du Xe siècle, les
professeurs universitaires des grands centres musulmans se mettaient en toge
pour les cours et les cérémonies officielles. Sources : Larousse du XXe
siècle (1933), Dictionnaire d'étymologie (Gilles Ménage), Dictionnaire de
l'Académie française (versions 1798 & 1835). Pour en savoir plus sur les
habitudes du port de la toge dans le milieu juridique, on peut également
consulter l'ouvrage Les habits du pouvoir de Jacques Boedels (Merci aux gens
de Confection De Lavoy Inc. pour cette dernière référence).»
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