21 octobre 1996
Le Premier Ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, vient d'être mis au courant d'un dossier explosif qui met en cause non seulement les dirigeants de la Caisse Sherbrooke-Est mais aussi des avocats qui ont défendu cette Caisse dans le complot monté contre Robert Proteau. Cette même Caisse a été identifiée par la Tribune de Sherbrooke et the Gazette comme la Caisse qui a financé le repaire des Hells à Lennoxville. Plus même, les avocats retenus par la Caisse contre Proteau était des procureurs reconnus pour défendre les Hells dans la région. L'un de ces avocats, Me Conrad Chapdelaine, s'est présenté comme candidat péquiste face à Mme Malavoy mais a perdu. L'abandon des procédures dans l'affaire Proteau a pris une toute autre tournure au cours des dernières semaines lorsqu'il a été constaté que celui qui avait arrêté les procédures dans l'affaire de Sherbrooke-Est, était Me Mario Bilodeau, celui-là même qui est devenu sous-ministre adjoint à la Justice, avocat qui a écrit d'ailleurs à Robert Proteau pour l'informer en toute lettre qu'il avait lui-même fait arrêter les procédures à Sherbrooke. Il faut se rappeler que le journaliste Michel C. Auger a écrit dans le Journal de Montréal que ce même Bilodeau a été un procureur des Hells. C'est ce même individu qui, maintenant, a son mot à dire dans toutes les affaires touchant le milieu criminel au Québec. Etrange coïncidence! Pensons seulement à l'affaire Matticks.
Dans le cas Proteau, la Caisse Sherbrooke-Est et la Fédération des Caisses de l'Estrie essaient par tous les moyens de camoufler le complot monté contre cet individu. La corde se resserre actuellement autour du cou des coupables de cette affaire. Notamment, le Président de la Fédération et son Directeur général, bien au courant de ce dossier, ont laissé faire. Aux dernières nouvelles, le Président de cette Fédération, M. André Roy, est lui-même impliqué dans une affaire immobilière. Il a été lui-même consultant et l'aboutissement est un échec de plusieurs millions de dollars pour toutes les personnes qui se sont faites vendre le projet de condos à Montréal. Cette affaire est très similaire à la fraude de l'ordre de 25 millions de $, avec près de 500 victimes, impliquant directement la Caisse Populaire St-Pascal de Maizerets à Québec, affaire qui a donné lieu à des accusations au criminel et qui est maintenant entendue au civil.
Le Premier Ministre pourra-t-il continuer longtemps à couvrir les agissements de son Ministre de la Justice dans cette affaire sans mettre en danger la crédibilité de son gouvernement? Ne pourrait-il pas risquer d'être accusé de collusion avec le Mouvement Desjardins dans des affaires plus que douteuses? Le dossier Sherbrooke-Est cache des dessous qui vont être révélés au public. L'affaire est une illustration parfaite du grave cancer qui ronge le Mouvement Desjardins. Curieusement, le Ministre des Finances, M. Bernard Landry, lors de la dernière Commission du Budget et de l'Administration continue à protéger le Mouvement Desjardins, et cela malgré les informations en circulation sur de nombreuses affaires impliquant cette organisation à travers toute la Province. A-t-on peur de la vérité à ce point? Les médias de toute la Province en ont révélé au cours des dernières années et même des dernières semaines.
Paulette Giroux-Mercier