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10 décembre 1996
Le Regroupement est régulièrement informé par des personnes à l'interne du Mouvement Desjardins de graves problèmes vécus par nombre d'employés et de cadres. Le mouvement actuel de syndicalisation des employés des Caisses n'est qu'un pâle reflet de ce qui se passe. Congédiement arbitraire, harcèlement de toutes natures, intimidations, etc... sont rapportés comme étant monnaie courante. Il se trouve aussi des cadres qui subissent cette loi de l'arbitraire parce que des dirigeants supposément "bénévoles" veulent placer des amis ou encore s'assurer d'une position de contrôle sur la Caisse Populaire et ses opérations, en plus d'avoir un accès direct et ouvert aux fonds de celle-ci.
Le cas de M. Claude Stébenne, ancien Directeur général de la Caisse Sherbrooke-Est, est l'un de ces cas de dirigeants congédiés sans motif pour laisser à des gens qui avaient d'autres intérêts comme les faits l'ont montré dans les mois et les années qui ont suivi cet incident. M. Stébenne a payé très cher personnellement cet acte arbitraire. Il avait une longue feuille de route, ainsi qu'une compétence et une performance qui lui étaient reconnus. Malgré tous ses efforts pour obtenir justice, il a été bafoué à tous les niveaux par les dirigeants du Mouvement Desjardins qui lui ont nié le droit à une justice élémentaire et à des dédommagements normaux compte tenu de la situation. Il est toujours en train de se battre, ayant été traité avec le plus grand mépris par les dirigeants qui l'ont tassé.
Il est tout de même étonnant que le Président de la Caisse à l'époque, Me Gilles Coulombe, avocat senior chez Monty, Coulombe de Sherbrooke et professeur à la Faculté d'administation de l'Université de Sherbrooke a utilisé son propre bureau d'avocats pour faire réaliser une enquête sur M. Stébenne. Plus encore, c'est ce Président et les autres membres du Conseil d'administration ainsi que le Directeur général qui ont été mêlés à l'affaire du prêt au Hell's par cette Caisse, fait révélé par la Tribune de Sherbrooke et The Gazette, qui est impliqué directement dans l'affaire Robert Proteau où les dirigeants ont été accusés de fabrication de faux et que les procédures ont ensuite été arrêtées mystérieusement sur ordre du Ministère de la Justice. Le Regroupement a découvert récemment le pot aux roses et en a fait part jusqu'au Bureau du Premier Ministre, d'où des réponses sont attendues. Très spécial comme cover up! C'est cette même Caisse qui a été mêlée à l'affaire Hamel, cet homme d'affaires qui s'est suicidé sur le terrain qui lui a été vendu par le Directeur du crédit de cette même Caisse avec qui il était en affaires, soit Robert Aubé. Tous ces développements sont survenus après le départ de M. Stébenne.
La question qui se pose: est-ce que les dirigeants supposément "bénévoles" de la Caisse et les cadres en place avaient besoin de faire disparaître un personnage encombrant à cause de son honnêteté et de son passé irréprochable pour laisser place à leurs amis et à la réalisation d'opérations à leur avantage à l'insu des sociétaires de cette Caisse? Plus grave encore, Coulombe et cie ont induit en erreur leurs sociétaires en laissant croire que l'affaire Proteau avait été gagnée par la Caisse alors que c'était le contraire qui était arrivé. Pourquoi la Fédération des Caisses de l'Estrie et son Président, André Roy, qui avait comme collègue à l'Université, Gilles Coulombe, a-t-il couvert toutes ces actions douteuses? Pourquoi a-t-il laissé M. Stébenne être traité comme un pourri par ces individus sans scrupule?
M. Stébenne est tout disposé à conter son histoire malheureuse. Le Regroupement sait que ce n'est pas le seul au contraire. Il a déjà en main un autre cas qu'il va rendre public bientôt. D'autres sont attendus. Les personnes en cause attendent le moment propice. La plupart sont tous brisés par le traitement injuste dont ils ont été victimes. Les principes de coopération, d'entraide et les valeurs humanitaires du Fondateur sont bafoués par Béland et ses acolytes.
Le Regroupement appuie pleinement la démarche de M. Stébenne pour obtenir justice et dédommagement. Il l'aidera dans toute la mesure de ses moyens et s'attachera à faire connaître l'expérience de ces gens qui ont bâti le Mouvement Desjardins qui constatent aujourd'hui, avec tristesse, que des individus malhonnêtes et incompétents se sont assis dans des postes stratégiques pour servir leurs propres intérêts personnels et ceux de leurs relations. Il est plus que temps que les Québécois apprennent la vérité et qu'ils imposent des changements en profondeur.
Compte tenu de toute l'information qui entre de jour en jour au Regroupement, il est de plus en plus évident que ces injustices se produisent parce que la Loi sur les Caisses d'épargne et de crédit n'est pas respectée et encore plus, que l'Inspecteur général des Institutions financières, supposément responsable de l'application de cette Loi, ne fait strictement rien en prétendant n'avoir aucun pouvoir d'intervention et de réparation devant les abus, fraudes et autres irrégularités en quantité industrielle que l'on retrouve partout dans le Mouvement Desjardins à l'heure actuelle. Faut-il s'en surprendre lorsque la révision de la Loi de 1988 a été dirigée par Pierre Fortier et son chef de Cabinet qui sont ensuite passés chez Desjardins et par l'Inspecteur général du temps, Jean-Marie Bouchard, qui est aussi passé chez Desjardins? Comme exemple de collusion, impossible de faire mieux, sauf que le Regroupement constate que l'Inspecteur général en son entier se comporte comme s'il était au service du Mouvement Desjardins.
Est-ce que M. Stébenne et les autres directeurs dans la même situation n'auraient pas droit à un traitement plus respectueux et transparent? Le Mouvement Desjardins n'a toujours pas répondu à sa lettre.
Monsieur Stébenne a été mon "co-détenu" durant le procès maudit de 74 jours, au Palais de l'Injustice de Montréal, qui n'avait d'autre but que celui d'imposer la loi du silence sur les nombreux crimes économiques, commis par des employés et/ou des représentants de différentes composantes du Mouvement Desjardins.
Après 29 jours de procès, la Confédération Desjardins et son conseil d'administration, dont Claude Béland, achetaient le silence de l'auteur des écrits, Jean-Yves Desrosiers: 500,000$. Ils achetaient également le silence de Robert Proteau et ils nous gardaient comme otages M. Claude Stébenne, de Rock Forest, et moi, de Pont-Rouge, deux personnes âgées dans la soixantaine ayant des problèmes de santé importants. Ils ne nous craignaient pas, nous ne connaissions pas tous ces dossiers explosifs.
Mauvaise foi
Le 31 janvier 2000, Claude Béland, avocat,
alors président du Mouvement Desjardins,
a affirmé solennellement devant le Tribunal
que le Mouvement Desjardins n'appartient pas
aux membres des caisses populaires.
Paulette Giroux-Mercier